Meta, ce grand philanthrope de la tech, toujours prêt à veiller sur nous… ou plutôt sur nos données, déploie une nouvelle version de sa reconnaissance faciale.
Cette fois, promis juré, c’est pour le bien commun : protéger les célébrités des arnaques et proposer une récupération de compte soi-disant plus sûre.
Une noble cause, surtout quand on sait que cette même entreprise a déjà écopé de quelques amendes bien salées pour sa gestion douteuse des données personnelles.
Un retour sous couvert de protection contre les arnaques (ou comment faire passer un vieux démon pour un ange gardien)
Meta déploie deux nouveaux joujoux basés sur la reconnaissance faciale.

Le premier s’attaque au “celeb-bait” – ces pubs frauduleuses qui usurpent l’image des VIP pour piéger les utilisateurs.
En gros, si t’es célèbre (ou que tu te prends pour un influenceur), Meta t’invite à activer une protection magique qui scanne les publicités pour voir si ton doux minois y est exploitable.
Si une correspondance douteuse est détectée, un humain (oui, un vrai !) vérifie si c’est l’arnaque du siècle ou juste une pub de mauvais goût.
Après quelques tests limités, Meta étend ce dispositif aux personnalités publiques du Royaume-Uni et de l’Union européenne.
Si tu fais partie du club, une notification apparaîtra pour t’inciter à activer ce bouclier digital.
C’est optionnel, bien sûr… pour l’instant.
La récupération de compte par selfie vidéo : le mot de passe, c’est ton visage
Deuxième innovation : Meta propose une nouvelle façon de récupérer ton compte piraté.
Plutôt que de te faire envoyer un SMS ou un e-mail (trop vieux jeu, voyons !), pourquoi ne pas utiliser ton propre visage ?

Dès que tu perds l’accès à ton compte, Meta te demande gentiment d’envoyer un selfie vidéo pour prouver que c’est bien toi.
Et rassure-toi, selon Monika Bickert, VP de la politique de contenu chez Meta, “les données faciales sont supprimées dès qu’elles ne sont plus utiles.”
Parce qu’on sait bien que Meta n’a jamais eu de problèmes avec la conservation des données… n’est-ce pas ?
Un retour risqué vers une technologie controversée
Une mémoire courte chez Meta ?
Si tout cela te rappelle vaguement un vieux dossier, c’est normal.
En 2021, Meta avait mis fin à son programme de reconnaissance faciale sur Facebook, sous la pression des régulateurs et d’amendes qui piquent un peu (1 milliard de dollars, ça laisse des traces).
Mais trois ans plus tard, les vieilles habitudes ont la peau dure.
Alors, qu’est-ce qui a changé ?
Cette fois, Meta présente la reconnaissance faciale comme un outil de “sécurité” plutôt qu’un moyen d’espionner discrètement ton petit minois.
Une pirouette marketing bien rodée.
Une porte d’entrée vers un futur moins anonyme
Le problème avec Meta, c’est qu’il faut toujours se méfier des petites lignes du contrat.
Aujourd’hui, la reconnaissance faciale est “optionnelle” et destinée aux VIP.
Mais combien de temps avant qu’elle devienne un passage obligé pour prouver que t’es bien toi ?
L’histoire a déjà montré que ce genre de “facultatif” finit souvent par devenir incontournable.
Sans oublier que même si Meta jure ses grands dieux que les données faciales sont supprimées immédiatement, qui peut garantir que ces informations ne se retrouvent pas entre les mains d’un hacker un peu trop ambitieux ?
La régulation et la perception publique : feu rouge ou feu vert ?
L’Europe et la Corée du Sud : des cobayes bien choisis
Si Meta commence ses tests au Royaume-Uni, dans l’UE et aussi en Corée du Sud, ce n’est pas un hasard.
Ces régions ont des lois strictes sur la protection des données, ce qui permet à Meta de jouer la carte du bon élève.
Et si ça tourne mal, ils pourront toujours dire : “Vous voyez, on a testé là où c’était le plus surveillé !”
Une stratégie bien rodée.
Une opinion publique sceptique
D’un côté, certains se réjouissent de voir les arnaques diminuer.
De l’autre, beaucoup redoutent une intrusion progressive de la reconnaissance faciale dans leur vie quotidienne.
Et quand on parle de Meta, il est difficile de ne pas s’imaginer un futur où chaque connexion passe par un scan de ton visage.
Mon analyse : la tactique du salami biométrique
Gardons la tête sur les épaules : Meta joue une partie d’échecs bien huilée.
D’abord, une protection pour les célébrités, puis une option pour tous, et demain ?
Ce que Zuck ne dit pas, c’est que ces outils sont les briques d’un empire numérique où ton visage devient ta nouvelle carte d’identité digitale.
Son rêve de métavers ne s’est pas envolé, et il suffirait de quelques selfies pour générer des avatars ultra-réalistes.
Meta ne veut pas seulement protéger tes comptes, il veut nourrir ses algorithmes avec des données faciales précieuses.
La technique est vieille comme le monde : introduire une technologie intrusive en douceur, sous couvert d’”amélioration”, jusqu’à ce qu’elle devienne incontournable.
Alors, prêt à confier ton visage à Meta contre la promesse d’un peu plus de “sécurité” ?
Partage cet article et vois combien de tes potes sont prêts à vendre leur trogne à Zuck.